Les afterschool Speakablabla

Découvrez cet extrait d’une interview de Bruno della Chiesa, linguiste enseignant à l’université de Harvard :

« Apprendre une autre langue, c’est, au-delà de l’acquisition d’outils de communication qui présentent des avantages évidents en termes sociaux et économiques (sur le marché du travail, par exemple), aussi et surtout développer spontanément des capacités linguistiques, culturelles, cognitives, et, au-delà, métalinguistiques, métaculturelles et métacognitives. Le système neuronal dévolu au contrôle exécutif permet entre autres à notre cerveau de trier, de hiérarchiser les informations. Le cerveau bilingue, entraîné par la pratique de ses langues à passer constamment d’un réseau neuronal à un autre, fait travailler de façon plus intensive et permanente son ‘contrôle exécutif’: en ce sens, il est plus performant quand il s’agit, par exemple, de classer des informations, d’établir des priorités, ou lorsqu’il est confronté à du multitasking, ce qui est de plus en plus fréquent pour tout un chacun…

Les travaux remarquables d’Ellen Bialystok (1988, 2001) et de son équipe à la York University de Toronto (Canada) ont montré en quoi  les enfants bilingues ‘traitent’ le langage, au niveau cérébral, de manière différente, plus efficace et plus profonde, que leurs camarades monolingues. Bialystok a également établi, récemment, que le bilinguisme, pour peu qu’il soit pratiqué au quotidien ou du moins très régulièrement, possède entre autres vertus le pouvoir de retarder le déclin cognitif, notamment en ce qui concerne les maladies neurodégénératives: les symptômes d’Alzheimer apparaissent ainsi, en moyenne, plusieurs années plus tard chez les individus bilingues que chez les monolingues (Bialystok et al., 2009; voir aussi son interview dans le New York Times du 30 mai 2011). »

Plus de lecture ici avec « Languages in a global world » éd. OCDE